Comprendre le salaire d’un AESH demande de regarder au-delà du montant affiché sur une grille. Le traitement dépend de l’échelon, mais aussi — et surtout — de la quotité de service, car 98 % des accompagnants travaillent à temps incomplet selon la DEPP. En 2023, leur rémunération nette mensuelle moyenne s’établissait à 1 030 €, toutes quotités et tous échelons confondus.
Entre 2024 et 2026, deux repères aident à lire sa fiche de paie : la grille nationale à onze échelons, revalorisée de cinq points au 1er janvier 2024, et le relèvement du SMIC intervenu le 1er juin 2026. Ce dernier peut entraîner une indemnité différentielle pour les premiers échelons. À cela s’ajoutent l’indemnité de fonctions et, selon le poste, d’autres compléments. Les horaires, eux, suivent le rythme de l’école et un temps de travail annualisé : les heures passées en classe ne résument donc pas toujours le calcul de la quotité.
Pour se repérer, imaginons Samira, AESH à 24 heures par semaine. Son salaire ne se calcule pas simplement en divisant 24 par 35 : le nombre de semaines travaillées prévu dans son contrat compte aussi. Voici comment distinguer brut et net, comprendre les horaires scolaires AESH et situer les perspectives d’évolution, sans confondre la grille théorique avec la somme réellement versée.
En bref : AESH salaire net 2024-2026
- La grille salariale AESH comporte onze échelons, de l’indice majoré 371 à l’indice 455, avec un avancement prévu tous les trois ans.
- Les montants de grille sont calculés à temps complet. En pratique, la quotité moyenne est proche de 63 % et le temps incomplet concerne 98 % des AESH.
- À partir du 1er juin 2026, le SMIC brut mensuel est de 1 867,02 €. Une indemnité différentielle peut relever la rémunération des premiers échelons jusqu’au plancher applicable, proratisé selon le contrat.
- L’indemnité de fonctions atteint 1 529 € brut par an à temps plein, puis est ajustée à la quotité de service.
- Les heures de travail AESH sont annualisées. Pour connaître la quotité, il faut tenir compte des heures hebdomadaires et des semaines prévues au contrat.
Grille salariale AESH : les repères de rémunération en 2026
Les AESH sont des agents contractuels de l’État. Leur traitement indiciaire dépend d’une grille nationale : le premier échelon correspond à l’indice majoré 371 et le onzième à l’indice 455. Le montant brut de base se calcule en multipliant l’indice par la valeur du point, fixée à 4,922783 € depuis le 1er juillet 2023.
Les montants ci-dessous présentent le traitement indiciaire seul, avant l’éventuel relèvement au SMIC et sans l’indemnité de fonctions. Ils permettent de comparer les deux bornes de la grille, mais ne correspondent pas nécessairement au total brut figurant sur une fiche de paie.
| Repère dans la grille | Indice majoré | Brut mensuel à temps plein | Brut à 62 % |
|---|---|---|---|
| Entrée, échelon 1 | 371 | 1 826,35 € | 1 132,34 € |
| Dernier, échelon 11 | 455 | 2 239,86 € | 1 388,71 € |
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut mensuel s’élève à 1 867,02 €. Lorsqu’un traitement indiciaire est inférieur à ce seuil, l’indemnité différentielle prévue pour les agents publics peut compléter la rémunération. Elle est elle-même proratisée : à 62 %, le plancher correspond à environ 1 157,55 € brut par mois, et non au SMIC mensuel entier.
Pour reconstituer la paie, il faut donc distinguer le traitement indiciaire, le complément éventuel lié au SMIC et les indemnités. La grille donne un point de départ ; la quotité et les compléments déterminent le montant réellement versé.
Rémunération AESH à temps partiel : calcul du brut au net
La rémunération AESH à temps partiel est généralement calculée au prorata de la quotité inscrite au contrat. Une quotité de 62 % signifie que le traitement et la plupart des indemnités concernées sont versés à hauteur de 62 % de leur valeur à temps complet.
La quotité moyenne nationale se situe autour de 63 %, avec des écarts selon le degré d’enseignement : environ 62 % dans le premier degré et 70 % dans le second. Ainsi, deux AESH au même échelon peuvent toucher des montants différents sans que leur grille soit différente.
| Quotité de service | Plancher SMIC brut mensuel | Indice 455 brut mensuel |
|---|---|---|
| 50 % | 933,51 € | 1 119,93 € |
| 62 % | 1 157,55 € | 1 388,71 € |
| 63 % | 1 176,22 € | 1 411,11 € |
| 80 % | 1 493,62 € | 1 791,89 € |
| 100 % | 1 867,02 € | 2 239,86 € |
À titre indicatif, les cotisations sociales ramènent souvent le brut à environ 80 % avant impôt sur le revenu. Avec un traitement au plancher de 1 157,55 € brut à 62 %, le net estimé serait donc proche de 930 €, hors indemnité de fonctions et autres compléments. Cette estimation varie selon les retenues et la situation individuelle.
L’indemnité de fonctions, créée en 2023, représente 1 529 € brut par an à temps plein, soit 127,42 € par mois. À 62 %, elle équivaut à environ 79 € brut mensuels supplémentaires, avant cotisations. Le net moyen de 1 030 € publié par la DEPP pour 2023 inclut, lui, des quotités et des situations professionnelles variées : il ne constitue pas un montant garanti pour chaque AESH.
Heures de travail AESH et horaires scolaires : comprendre l’annualisation
Les horaires scolaires AESH sont liés aux besoins des élèves et à l’organisation des établissements. Les accompagnants interviennent principalement pendant les temps de classe, et parfois sur la pause méridienne lorsque ces heures sont proposées et intégrées au contrat. Les vacances scolaires ne signifient pas que le contrat est calculé comme un emploi à temps partiel classique réparti sur douze mois.
Le temps de travail annualisé repose sur une référence de 1 607 heures pour un temps complet. Pour établir la quotité, on multiplie les heures hebdomadaires par le nombre de semaines travaillées prévu au contrat, puis on divise le résultat par 1 607.
Exemple : 24 heures par semaine sur 41 semaines représentent 984 heures annuelles. Rapportées à 1 607 heures, elles correspondent à une quotité d’environ 61 %. Avec le même volume hebdomadaire sur 45 semaines, la quotité serait proche de 67 %. C’est pourquoi le seul nombre d’heures indiqué par semaine ne suffit pas à vérifier sa paie.
Avant de comparer son emploi du temps à celui d’un collègue, mieux vaut donc regarder la période de référence figurant au contrat. Pour les AESH, les semaines travaillées comptent autant que les heures hebdomadaires.
Indemnités AESH : les compléments possibles selon le poste
Les indemnités AESH peuvent compléter le traitement, mais elles ne s’appliquent pas toutes automatiquement. Leur versement dépend de l’affectation, des fonctions exercées ou de la situation personnelle.
- Indemnité de fonctions : 1 529 € brut par an à temps plein, versés mensuellement et proratisés selon la quotité.
- Éducation prioritaire : des indemnités REP ou REP+ peuvent être dues aux AESH concernés. Les montants communiqués pour un temps plein sont d’environ 1 106 € et 3 263 € par an, à vérifier selon les règles applicables et le bulletin de paie.
- AESH référent : une indemnité annuelle de 660 € brut est mentionnée pour cette fonction spécifique.
- Transport : une prise en charge partielle de l’abonnement aux transports collectifs ou un forfait mobilités durables peut s’appliquer sous conditions. Il s’agit d’un remboursement ou d’un dispositif distinct du traitement.
- Situation familiale : le supplément familial de traitement peut être versé selon les conditions prévues.
Le rattachement à plusieurs écoles ne donne pas, à lui seul, droit à une prime spécifique. En revanche, les déplacements professionnels entre établissements peuvent relever d’un régime de remboursement distinct, à vérifier auprès du service gestionnaire.
Les AESH n’ont pas de prime de nuit ou de week-end liée à leurs horaires habituels, qui suivent le calendrier scolaire. Pour chaque complément, la vérification la plus concrète reste celle du bulletin de paie et des règles communiquées par l’administration.
Évolution de carrière AESH : échelons, CDI et revalorisation salariale
L’évolution de carrière AESH repose principalement sur l’avancement dans la grille. Le passage d’un échelon au suivant intervient en principe tous les trois ans. Entre les indices 371 et 455, l’écart de traitement atteint environ 414 € brut par mois à temps complet, avant les effets du SMIC et des indemnités.
Le CDI, accessible après trois ans de contrat selon les règles applicables, apporte une stabilité d’emploi, mais ne modifie pas à lui seul la grille indiciaire ni la quotité. La progression financière reste donc graduelle, tandis que l’organisation des missions et la possibilité d’obtenir une quotité plus élevée peuvent peser davantage sur le revenu mensuel.
La revalorisation salariale AESH du 1er janvier 2024 a notamment relevé la grille de cinq points d’indice. En 2026, le point d’indice n’a pas connu de nouvelle hausse selon les données disponibles ici ; le relèvement du SMIC agit toutefois sur les premiers échelons lorsque le traitement indiciaire passe sous le minimum légal applicable aux agents publics.
Des propositions d’évolution statutaire ont également été discutées au Parlement. Une proposition de loi déposée au Sénat le 17 décembre 2025 envisageait notamment une intégration en catégorie B et un temps plein, mais elle n’était pas adoptée en mai 2026. Pour les AESH, le statut et la carrière restent donc des sujets d’évolution plutôt que des changements déjà généralisés.
Le CDI sécurise le parcours, tandis que l’avancement et la quotité déterminent l’essentiel de la progression de rémunération.
Conditions d’emploi AESH : vérifier son contrat et sa fiche de paie
Les conditions d’emploi AESH reposent sur un contrat de droit public lorsque l’accompagnant est recruté par l’Éducation nationale, y compris dans un établissement privé sous contrat. Un emploi auprès d’une association ou d’un établissement médico-social peut relever du droit privé et d’une convention collective différente : les rémunérations ne se comparent alors pas directement.
Pour contrôler un montant, il est utile de rapprocher trois documents : le contrat, le dernier bulletin de paie et une grille indiciaire à jour. Vérifiez l’indice majoré, la quotité, le nombre de semaines retenues, l’indemnité de fonctions et, si nécessaire, la ligne d’indemnité différentielle.
Si la quotité ou l’affectation évolue, la modification doit être clarifiée avec le service gestionnaire et formalisée selon les règles applicables au contrat. Les heures de pause méridienne peuvent contribuer à augmenter le service lorsque l’administration les propose et les intègre aux missions. Une demande écrite de complément de quotité permet de conserver une trace précise de la démarche.
En cas d’écart, un arrondi de quotité ou un complément versé avec décalage peut expliquer une différence limitée. Pour une erreur persistante d’indice ou de temps de service, l’interlocuteur est généralement le service AESH du rectorat ou de la direction départementale, plutôt que l’école d’affectation.
Quel est le salaire net d’un AESH à 24 heures par semaine ?
Le montant dépend du nombre de semaines travaillées inscrit au contrat. À titre d’exemple, 24 heures sur 41 semaines donnent une quotité proche de 61 %. Au premier échelon, le traitement relevé au plancher du SMIC représente environ 1 138 € brut à cette quotité ; l’indemnité de fonctions proratisée s’ajoute, avant cotisations. Le net exact dépend des retenues individuelles.
Comment calculer la quotité d’un contrat AESH ?
Multipliez les heures hebdomadaires par le nombre de semaines travaillées prévu au contrat, puis divisez le total par 1 607 heures. Ainsi, 24 heures sur 41 semaines représentent 984 heures annuelles, soit une quotité proche de 61 %.
Le CDI augmente-t-il le salaire d’un AESH ?
Le passage en CDI ne change pas automatiquement l’indice ni la quotité de travail. La rémunération évolue surtout avec l’avancement d’échelon, les compléments applicables et une éventuelle augmentation de la quotité.
Quelles indemnités peuvent s’ajouter au salaire ?
L’indemnité de fonctions est versée selon la quotité. Des compléments peuvent aussi concerner l’éducation prioritaire, la fonction d’AESH référent, les transports ou la situation familiale. Les conditions et montants doivent être vérifiés sur le bulletin et auprès du service gestionnaire.
Où signaler une erreur sur sa paie AESH ?
Comparez d’abord le contrat, la quotité, l’indice et le bulletin de paie. Si l’écart persiste, contactez le service de gestion des AESH du rectorat ou de la direction départementale, en joignant les éléments utiles.









